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Alexandre François Debain

Alexandre François Debain

Alexandre-François Debain est un facteur de piano et d'harmonium français, né à Paris le 6 juillet 1809 et décédé dans cette même ville le 3 décembre 1877. On lui doit le dépôt du brevet de l'harmonium, en 1842.

Les harmoniums Debain Modifier

Dans la transformation de l’orgue expressif, Alexandre-François Debain a joué un rôle capital, et nul plus que lui, n’a donné une plus grande extension aux ressources de cet instrument, qui parut si borné de prime abord. En ouvrant son atelier (1834) après avoir travaillé dans diverses maisons à la construction de pianos et pièces mécaniques, Debain faisait breveter un nouveau système de mécanisme de piano ; deux ans après il faisait un piano droit de forme nouvelle qu’il appela piano-écran à clavier mobile. Puis ce fut un nouveau système de piano de concert (1847) et le piano mécanique ou à manivelle (1848-53) qui fit fureur à l’époque en France et à l’étranger et dont le succès n’était pas encore épuisé en 1862, car il fut une des attractions de l’exposition de Londres. Dans l’intervalle, A Debain avait fait d’autres découvertes certainement plus utiles, parmi lesquelles il en est une qui lui crée un titre à la postérité : l’invention de l’harmonium (1842). Il avait préludé à cette création en imaginant le concertina (1838), dont le défaut principal était comme celui de l’orgue expressif, duquel il dérive, la monotonie du timbre. Debain parvient à y remédier en donnant aux anches diverses épaisseurs, ((p 239)) et en plaçant dans des cases sonores de différentes formes et proportions, de façon à reproduire les effets des tuyaux d’orgues, hautbois, bassons, clarinettes, etc. Le brevet qu’il prit en 1842 énumère une longue suite de découvertes ingénieuses, adoptées en grande partie par la facture d’orgues expressives.

Ces instruments n’avaient eu jusqu’alors qu’un seul jeu de 6 octaves au plus, non seulement Debain augmenta ce nombre comme nous venons de le dire, mais il trouva le moyen de faire parler plusieurs jeux (de un à 20) par la même touche et cela sur 6 ou 7 octaves. Dans le but de parer au reproche que l’on faisait à l’orgue expressif de produire des sons courts et secs, il adapta des cordes tendues sur une table d’harmonie comme pour le piano, lesquelles étaient mises en vibration par l’ébranlement des anches. Debain eut aussi l’idée de garnir de baudruche des trous percées au sommier, pour modifier le timbre des anches de certains jeux et de joindre à l’orgue un jeu d’harmonica en verre ou de timbres de cloches, ressorts, etc., frappé par un marteau, ainsi que de faire des instruments à 3, 4, ou 5 claviers. Peu après (mars 1843) une importante amélioration était appliquée à l’harmonium par Debain : l’expression par la suppression momentanée du réservoir d’air et la communication directe du soufflet avec les anches, qui devinrent dès lors sensibles aux divers mouvements des pédales. On put donc obtenir à volonté, des sons détachés ou soutenus, forts ou faibles, augmentés ou diminués, par la seule action des pieds. Signalons encore quatre autres modifications de détail qui ((p 240)) datent de la même année. L’une, par laquelle le clavier était rendu mobile et s’ouvrait à charnière pour faciliter la recherche des dérangements qui pouvaient survenir (disposition analogue à celle du clavier du poïkilorgue de Cavaillé-Coll (1834) ; il s’ouvrait à la manière d’un livre.) ; l’autre, portant sur une nouvelle disposition des boutons de registres, placés au-dessus du clavier (ils avaient été jusque-là sur les cotés), et l’inscription du nom du jeu sur les boutons avec l’indication en notation musicale de son étendue, lesdits boutons n’ayant porté jusqu’alors qu’un numéro ; la troisième, consistant en un nouveau sommier dont les cases avaient à peu près la forme d’une coquille de noix allongée ; et la quatrième, en un nouveau registre à pédale pour ouvrir les jeux, chacune des anches était jointe, dans le principe, à un corps sonore en forme de cône, de tulipe ou de pavillon, de différentes dimensions, selon la hauteur des sons. Avec l’augmentation du nombre de jeux, ces corps sonores devinrent bientôt encombrants ; Debain remédia à cet inconvénient en plaçant plusieurs anches sur un même corps et même en ne faisant qu’un seul corps formant boite pour un jeu entier (1844).

En même temps, il fit connaître son piano-harmonium et le panharmonium réunissant tous les systèmes perfectionnés. Il semble qu’à l’exposition qui suivit (1844) le jury n’ait pas compris toute l’utilité de ces découvertes, car tout en reconnaissant l’habileté de l’inventeur et la variété ((p 241)) des effets de son nouvel instrument, il constata que l’avantage n’était obtenu «que par un peu de complication dans le mécanisme », et ne lui accorda qu’une médaille de bronze ; il revint toutefois sur cette appréciation en 1849, en lui décernant une médaille d’argent ; et depuis, le temps est venu donner raison à l’ingénieux facteur.

Le Symphonium, inventé en 1845, était un acheminement vers l’harmonicorde (1851), combinaison de l’harmonium et du piano formant un «magnifique instrument aux sons délicieux » suivant un écrivain, et produisant avec beaucoup de bonheur, suivant un autre, «une imitation de la harpe accompagnant des instruments à vent ». Esprit fécond, A Debain a encore inventé l’antiphonel(1846), mécanisme s’adaptant facilement sur les claviers pour produire automatiquement l’accompagnement des chants liturgique, dans les églises dépourvues d’organistes, qui lui donna l’idée du piano mécanique (L’antiphonel Debain. Paris, 1873. Le Piano mécanique. Id. 1871.). Tous ces travaux apportèrent profit et gloire à leur auteur : médaille d’argent en 1851, de deuxième classe, à Londres en 1851, de 1ere classe, à Paris, en 1855 et à Londres, en 1862 ; il avait été nommé chevalier de la légion d’honneur le 11 février 1860, il fit membre du jury en 1867, époque à laquelle sa manufacture occupait 600 ouvriers. Al. Debain est mort en novembre 1877 à la veille de l’exposition et n’a pu recevoir la médaille d’or attribuée à ses produits. Un superbe spécimen ((p 242)) de la facture de cet ingénieux inventeur, chef-d’oeuvre de mécanique, est entré depuis peu au Conservatoire des Arts-et-Métiers ; c’est un harmonium à 4 claviers analogue à celui qu’il exposa en 1867 et qui était composé de 50 jeux et ne comprenait pas moins de 3050 anches.

  • Source : Les facteurs d'instruments de musique - Pierre Constant -1893

Documents Modifier

Quelques harmoniums Modifier

L'extraordinaire Harmonium Debain de Pommiers en Forez par Jean-Luc Perrot

L'extraordinaire Harmonium Debain de Pommiers en Forez par Jean-Luc Perrot

Liens externes Modifier

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